C’est vraiment l’impression que nous avons eu lors de ce week-end à Shanghai : « aller à la ville », avec un grand V.
Shanghai c’est moderne, hyper moderne, mêlé à de l’ancien (architecture néoclassique des années 30), propre, agité, tout y est grand, démesuré.
A côté, Pékin paraît bien plus exotique, plus typique et authentique (malgré tout !), plus culturelle, un peu moins étouffante et oppressante peut-être... enfin non, c’est faux, plus « chinoise-chinoise » surtout... Pékin est résolument la capitale politique, un point c’est tout.
Shanghai c’est donc beaucoup moins de vélos, et plus de scooters (je ne me souviens pas avoir vu de larges pistes cyclables comme celles qui bordent les avenues pékinoises) ; moins de grosses Audi noires aux vitres elles-mêmes noires ; moins de plaques blanches, celles qui désignent ici les voitures appartenant à l’armée et qui ont le droit de tout-absolument-tout ; beaucoup plus d’Occidentaux ; moins de raclements de gorge sonores suivis de crachats ; plus de boutiques et plus de Chinois « fashion » ; moins de temples ; plus de buildings...
Shanghai c’est aussi plus de pièces de 1 kuais (je n’ai pas touché un seul billet « vert » pendant le week-end), plus de temps le bras en l’air pour trouver un taxi (alors qu’il suffit de claquer des doigts à Pékin), des chauffeurs moins loquaces, mais des banquettes arrières plus spacieuses...
Et enfin, des effluves d’égouts et de poubelles mélangées qui viennent vous affoler les narines dans un relent insidieux, alors qu’à Pékin les odeurs nauséabondes sont permanentes et régulières, mêlées aux échappements de voitures, on baigne dedans.
En bons touristes, nous avons commencé par la partie est de Shanghai, de l’autre côté du Huángpŭ Jiāng, il s’agit de Pudong : la Pearl Tower aux allures de navire extraterrestre et la tour Jinmao, haute de 421 mètres.
Balade inévitable sur le Bund, avant de mettre les voiles pour une mini croisière sur le fleuve Huangpu où nous avons navigué parmi toutes sortes d’embarcations : cargos, péniches, sampans, vaisseaux militaires...
Du bateau nous avons pu apercevoir le Yángpu Dà Qiáo, le pont suspendu le plus long au monde.
Immanquables également, la promenade dans le vieux Shanghai, où stands de chinoiseries côtoient les maisons typiques imbriquées les unes dans les autres ; puis Nanjing Lu et son enfilade de « malls » et de boutiques diverses et variées.
Dernier détour par People’s Square, où il était vraisemblablement de bon ton, ce dimanche, de photographier les lotus en fleurs, avant de terminer par une agréable promenade au sein de la concession française : boutiques, « malls », bars, restaurants, immeubles Art déco, petites maisons ornées de porches et perrons...
La fin de notre parcours nous a conduit dans le quartier de Xintiandi, petite bulle hors du temps, où sont restorées et reconstituées les « shíkùmén », ces maisons traditionnelles et typiques du vieux Shanghai.
Elles connaissent, il me semble, le même sort que nos « hutongs » pékinoises, et il n’en restera bientôt plus une seule qui soit d’époque.
A Xintiandi, elles ont donc été restorées et abritent désormais nombre de boutiques, et de bars et restaurants « hype ». Amenagé de la sorte, ça donne la fâcheuse impression de se retrouver dans une espèce de Disneyland : ça manque d’authenticité et de charme !
C’est malheureusement ce à quoi nous devons nous attendre à Pékin avec la destruction massive des « hutongs » : il n’en restera bientôt plus que quelques unes, refaites de toutes pièces.
J’ai beau critiquer, nous avons passé un moment très agréable à Xintiandi, et nous y avons découvert un restaurant, un des meilleurs de Shanghai paraît-il, mais c’est une autre histoire... que je vous raconterai demain ! :)
P.S. : au fait, nous n’avons croisé aucune charette tirée par un cheval à Shanghai... (!)
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