Les produits à base de lait de vache en Chine, c’est pas le pied !
Tout d’abord, il n’est pas recommandé du tout de boire du lait frais.
Les contrôles sont semble-t-il moins strictes qu’en Europe, et plusieurs personnes m’ont mise en garde.
Entre la vétérinaire rencontrée à notre arrivée et ses histoires de maladie des pis de la vache qui passe inaperçue (le pus qui s’échappe des pis est de la même couleur que le lait !), et les recommandations d’un expatrié de chez Nestlé sur l’unique lait U.H.T, longue conservation propre à la consommation selon son expérience et ses informations en interne... et bien bizarrement, je ne suis pas prête d’acheter du lait frais !
En ce qui concerne les yaourts, les Chinois aiment et ne consomment que des yaourts sucrés, généralement très liquides (ils sont vendus avec des pailles), le plus souvent aux fruits, à l’aloe vera parfois (goût étrange, entre amer et sucré), et il est impossible de trouver des yaourts natures !
J’ai bien tenté les « sugar free » des marques locales, mais le sucre est évidemment remplacé par de l’asparthame, ce qui est finalement bien pire au goût !
J’ai donc cherché une explication à cette affaire qui m’intriguait...
--> il existerait une raison historique et sociale (ici) à l’arrivée tardive des produits laitiers dans la consommation des Chinois :
« [...] chez les Chinois, le lait est souvent vu comme un aliment impur et barbare.
Des facteurs culturels et sociaux, notamment la domination à diverses époques de l'histoire de la Chine par les Mongols - grands consommateurs de produits laitiers - pourraient expliquer en partie cette aversion chez un peuple pour qui, de toute façon, le lait et les produits laitiers n'ont jamais joué un grand rôle. Les Chinois, qui disposaient d'une importante source de main-d'oeuvre, n'avaient guère recours aux animaux de trait dans l'agriculture et n'avaient donc pas accès à leur lait.
Encore aujourd'hui, la consommation annuelle par personne en Chine n'est que de 2 kilos, tandis qu'elle est de 68 kilos en France, 97 kilos aux États-Unis, 163 kilos en Irlande, pays où il s'en boit le plus. »
--> et de maniere plus concrète, il existe une explication médicale que nous livre ce site, selon laquelle la plupart des Chinois ne serait pas à même de produire l’enzyme nécessaire à la bonne digestion du lait de vache, appelée lactase !
Bon vous devez vous demander où je veux en venir..., j’arrête de vous rabattre les oreilles avec ces considérations scientifiques... !
Voilà donc, après bientôt 5 mois de yaourts exclusivement sucrés, que dis-je, archiiii sucrés (au point que nous les avons remplacés par les compotes Andros : ici), il était grand temps de passer à l’action !
Grâce à Ptinem, exilée à Singapour, et ses précédentes expériences en matière de fromage blanc maison, je me suis lancée les yeux fermés dans la recette qu’elle avait alors tirée de Marmiton : Faire du fromage blanc (la recette: ici).
Pour une première fois j’ai décidé de diviser les proportions initiales par 2...
J’ai mélangé 125 grammes de « sour cream » avec 1 litre de lait entier (celui qui n’est pas recommandé, mais tant pis, c’est le cas de le dire... :) ).
On ne peut pas faire plus simple : je l’ai ensuite laissé reposer 24 heures dans un saladier, à la température ambiante de ma cuisine non climatisée... c’est à dire 27 degrés.
J’ai mis le tout à égoutter dans une passoire recouverte d’un linge spécial que j’avais acheté lors de notre séjour à Hong-Kong en prévision de l’expérience... (mais finalement un vulgaire torchon fait très bien l’affaire).
La recette prévoit 2 heures maximum d’égouttage, mais comme nous sortions, il est resté dans son torchon 4 bonnes heures. J’avais un peu peur de retrouver une masse toute sèche, mais la consistance était parfaite.
J’ai alors récupéré le petit lait, et placé le fromage blanc au frigo : 700 grammes exactement !
Résultat, nous nous sommes régalés ce matin au petit déjeuner.
Avec des fruits, de la confiture, du miel, des céréales... c’est un vrai délice !
Un peu gras, certes, on ne donne pas dans le fromage blanc à 20%, mais avec un léger petit goût de faisselle, et une texture et un goût totalement incomparables aux yaourts chinois !
Alors avis aux amateurs exilés... et un grand merci à Ptinem... ;-)
Je vais essayer ta recette dès que j'ai mis la main sur la "sour cream".
Tant que tu y es, tu ne saurais pas comment faire de la crème fraiche ? (je sais, j'abuse ... mais ici à Canton je ne trouve que des petits briks de 20cl de crème liquide ...
Quand à ces histoires de lait, ça m'intéresse ... Je suis un peu surpris que tu dises que même le UHT est impropre à la consommation. Aurais-tu des liens pour en savoir plus (ou est-ce que ça fera l'objet d'un prochain billet ?)