La pleine lune de septembre est célèbrée en Chine sous le nom de la Fête de la Lune, ou Fête de la Mi-Automne (« zhong qiu jie »), et a lieu le 15ème jour du 8ème mois, selon le calendrier lunaire.
Je vous passe les calculs, cette année, c’est le 18 septembre que la Lune sera à l’honneur dans les foyers chinois.
Ancien culte lunaire, fête agricole, célébration des récoltes de l'année... Aujourd’hui cette fête est aussi bien célèbrée à la campagne qu’en ville, et prend depuis plusieurs années une tournure très commerciale.
C’est l’occasion pour les Chinois de s’offrir des cadeaux, des gâteaux, et de s’échanger des lanternes en forme de carpe (symbole de réussite), de papillon (longévité) ou de lune (sagesse)... l’équivalent de notre Noël occidental ?
On attribue également à cette fête un troisième nom, celui de Fête de la Réunion.
En effet, la tradition, vieille de plusieurs millénaires (l’histoire dans son intégralité : ici), veut que les familles se réunissent autour d’un même repas.
Au cours de ce repas, on partage, entre autres, un poisson entier, ainsi que le canard de Pékin, accompagné de ses crêpes « bo bing », dont la forme rappelle celle de la Lune : on roule le canard (viande rôtie et peau grillée) et les légumes émincés (oignon cru, concombre, carotte...) dans la crêpe que l’on déguste facon tacos mexicains.
Une fois le repas terminé, les chinois se réunissent de nouveau, mais en extérieur cette fois, afin de pouvoir admirer la rondeur de la Lune, tout en dégustant des fruits et des gâteaux de lune.
Ces gâteaux, appelés « yue bing » 月饼 en chinois, sont ronds, à l’image de la planète fêtée, et très nourrissants !
Leur surface est décorée de motifs en relief que l’on attribue à des sinogrammes de bonne augure, parfois aussi aux légendes lunaires, ou encore, et de plus en plus aujourd’hui, à des caractères indiquant le contenu des gâteaux pour faciliter le choix des clients devant leur diversité croissante.
La croûte extérieure du gâteau de lune, plus ou moins croustillante selon la méthode de fabrication, est principalement constituée de farine de blé, d’huile, de sucre et de maltose.
Une partie de la farine est mélangée avec de l’eau pour en faire une pâte, et on pétrit l’autre partie avec le gras. Après cuisson, ces parties alternées en différentes couches forment la croûte.
A l’intérieur du gâteau, on trouve un mélange sucré-salé: parfois jambon, saucisse, noix, amandes, jujube, lotus... le choix est infini !
La croûte extérieure de notre « yue bing » à nous était plutôt molle.
En le coupant, nous avons découvert à l’intérieur une pâte de haricot rouge sucrée, dont le goût et la texture sont très proches de la crème de marrons, et tout au centre du gâteau... un jaune d’oeuf de cane, dur et salé, qui apporte un côte un peu bourratif à la chose. Je vous laisse imaginer.
Enfin, aux gâteaux de lune est liée une anecdote historique: au 14ème siecle, au temps des révoltes contre l’envahisseur mongol (Yuan), les rebels chinois (Hans) auraient caché les messages de soulèvement dans ces pâtisseries !
Allez, bonne fête de la Lune ! :)
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