Lors de la réunion mensuelle d’une association américaine de Pékin il y a quelques jours, j’ai pu m’essayer à la calligraphie.
Vous savez, ces idéogrammes et sinogrammes - caractères propres à l’écriture chinoise - élégamment formés à l’aide d’un pinceau.
Ce fut pour moi l’occasion de découvrir que la calligraphie chinoise est vraiment tout un art ; et de vérifier au passage que moi et l’art, justement, ça fait toujours deux.
Oui, je vous laisse juger par vous même.
A ma décharge (et en plus d’avoir le sentiment d’être handicapée dès lors qu’il faut faire autre chose avec un stylo ou un pinceau qu’écrire), à aucun instant on ne nous a indiqué la façon de procéder.
Comment tenir le pinceau ? Faut-il tracer les caractères avec la pointe du pinceau ou au contraire appuyer fortement et l’écraser sur le support ?
Les seuls et uniques conseils reçus : « breathe deeply and paint with your heart », qu’il a dit le Chinois (respirez profondément et peignez avec votre coeur). Toute une philosophie.
C’est bien gentil et ça ne fait de mal à personne, mais techniquement, je vous assure que ça n’aide pas.
Trève de plaisanterie.
La calligraphie c’est un art, donc, et il revêt d’autant plus d’importance au moment du nouvel an chinois, tout comme les agrumes.
En effet, à cette période de l’année, tous les messages de bonheur, de paix, de prosperité, de longévité, de richesse, de chance, et que sais-je encore, sont omniprésents.
Les Chinois décorent alors leurs intérieurs de ces jolies banderoles rouges, couleur du bonheur, vous vous en doutiez.
Elles fonctionnent systèmatiquement par paires, et les caractères, qui se lisent habituellement de gauche à droite, se lisent ici de haut en bas et de droite à gauche, comme c’est le cas lorsqu’il s’agit de textes poétiques.
Pour en revenir à mes banderoles, placées dans le bon ordre elles signifient :
- « to protect peaceful life on earth » (préserver la paix sur terre), à gauche.
- « to present good words in heaven » (que l’on pourrait interpréter comme « apporter de bonnes nouvelles aux dieux »), à droite.
Je les ai choisis non pas pour leur signification - autant la première me convient d’emblée, autant la seconde m’a demandé d’intenses réflexions - , mais pour leur facilité de réalisation par rapport aux autres modèles proposés, vous vous en doutez bien.
Enfin, je me suis résolue à ne surtout pas accrocher mes oeuvres sur la porte d’entrée... ! Imaginez que mes « dessins » signifient tout à fait autre chose que les sinogrammes d’origine, sait-on jamais... Dans le doute je préfère m’abstenir, et éviter de me mettre les voisins à dos.
Ma carrière artistique s’arrête donc ici.
Avouez que c’est dommage... ça paraît tellement évident, naturel et facile de les voir former ces signes éphémères avec de gros pinceaux de mousse imbibés d’eau.
Plus d’infos :
* Petit historique de la calligraphie chinoise, ici.
* La calligraphie expliquée sur wikipedia, ici.
* Les différents styles de calligraphie chinoise, ici.
(Wikipedia est toujours inaccessible depuis la Chine, pensez à passer par un anonymiser !)
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